Les étiquettes

Quand on a une faible estime de soi, on attend l'approbation , la reconnaissance et la validation de papa, maman. Puis plus tard de son mari, de son boss, de son frère, de sa responsable, d'un jury , d'un prof … de n'importe qui faisant figure d'autorité !

On donne à la personne le pouvoir de juger qui l'on est et ce que l'on fait !

Plus on grandit plus on va se faire mal avec ça …

 

Quand on manque d'estime de soi on s'attire des personnes qui vont nous donner raison : on crée notre réalité... on tombera sur des personnes moqueuses ou un peu trop cash qui très souvent ne prendront pas en compte notre sensibilité !

 

Pourquoi ?

 

Justement pour nous faire prendre conscience qu'il y a là une blessure que PERSONNE d'extérieur aussi « bienveillante » soit-elle, ne pourra combler.

 

NOUS AVONS BESOIN de nous apporter à nous même : de la considération, de la reconnaissance, de la valeur !

 

Les critiques, les jugements, les compliments sont des étiquettes que l'on accepte ou pas pour vraies ! Mais quand on se connait mal, que l'on a aucune idée de ses gouts, de ce qu'on aime ou pas, de ses valeurs ou de sa propre valeur on est complètement tributaire de l'avis des autres.

 

Il y a quelques années si quelqu'un me disait : « Oh j'adore ta voix ! ». J'entendais dans ma tête :

 

  • c'est gentil de sa part mais elle n y connais rien donc c'est normal qu elle dise ça

  • oui évidemment vu que toi tu chantes comme une casserole c'est compréhensible

  • merci mais elle n a même pas vu que je me suis planté donc je ne peux me fier à son jugement ….

 

Si une autre personne me disait exactement la même chose mais était coach dans une grande école internationale de musique à Londres ( comédies musicales ), j'entendais :

 

  • putain j'en reviens pas il aime ma voix

  • c'est pas normal ou alors c'est un coup de pot parce que j'ai bien choisi ma chanson

  • je suis peut être pas si nulle que ça

  • pourquoi il a rien dit sur l autre chanson 

  • oh oui yes trop contente ! Et si je me trompe dans la prochaine qu'est ce qu'il va penser...

  • ah oui d'accord en fait il s'en fou...

 

Et je vous assure que je reste soft sur les exemples qui peuvent aller encore beaucoup plus loin que ça !

 

Lorsque j'ai commencé à "soigner" ce besoin de reconnaissance par moi même et pour moi même: j'ai entendu les compliments pour ce qu'ils étaient : un ressenti à l'instant « t » de la personne qui émet un jugement positif !

Aujourd'hui j'entends dans ma tête :

 

  • merci c'est agréable à entendre, je suis heureuse que quelqu'un ait été touché par mon interprétation ! Avant tout, je me suis fait plaisir !

  • C'est cool que tu aimes moi aussi j'aime bien !

  • Sympa de prendre le temps de venir le dire, cela me fait plaisir  !

 

C'est à dire qu'aujourd'hui c'est du bonus mais comme je sais exactement où j'en suis avec ma voix cela ne va pas me perturber outre mesure ! Et heureusement … parce que finir son concert en attendant qu'une âme charitable vienne te rassurer sur tes compétences c'est terrible ( surtout quand personne ne vient ) ! Attendre de tes collègues un avis bienveillant de leur part alors qu'eux ils sont concentrés sur leur propres instruments (c'est super frustrant ), jouer avec un musicien qui passe son temps à vanter les qualités vocales d 'une autre chanteuse et toi qui t'ignore complètement (ben là tu te considères juste comme une m... carrément humiliant ).

On cherche chez l'autre ce que l'on est incapable de se donner à soi même !

 

Et je sais que les personnes que j'accompagne le savent : ce n'est pas d'un «  t'es beaulogue » dont on a besoin dans ces cas là ( parce que sinon on reste dépendante de l'avis d'un autre ), on a besoin de quelqu'un qui t'apprend à te regarder autrement . 

 

Ton environnement il changera si toi tu changes de réalité vis à vis de toi !

 

Un compliment est un jugement = une étiquette : tu peux accepter l'étiquette ou non c'est ta responsabilité de la valider ou non  ( d'y croire ou non )!

 

Si j'accepte l'étiquette d'être par exemple « quelqu'un sur qui on peut toujours compter », et que je crois que cela me défini, le jour où on ne peut pas compter sur moi je me sens nulle, le jour où je n'ai pas envie de rendre service, je me dis ne pas être une bonne personne ! Etc....

 

Si j'accepte l'étiquette : « tu es une chanteuse exceptionnelle » , le jour où je me vautre je ne suis plus rien, le jour où je fais une erreur je me tape dessus comme nulle autre, le jour où l 'on ne me choisi pas pour une audition je veux changer de métier...

 

Par contre si je me dis : oui je peux être une super chanteuse et je peux aussi chanter comme une tongue ça dépend de mon état d'humeur et ça m'arrive de me tromper et j'ai besoin de savoir que j'ai le droit à l'erreur... ben j'accepte d'être un jour exceptionnelle pour quelqu'un et un autre jour  "ouais bof " pour quelqu'un d'autre … et c'est ok !

 

Les étiquettes collent à la peau et nous restreignent d'une façon ou d'une autre, qu'elles soient positives ou négatives. Les étiquettes ne sont que « des points de vue intéressants » que vous seuls avez la possibilité d'accepter comme vrais ou non dans votre univers !

 

Et puis un jour on se connait mieux, on a conscience de nos qualités et de nos défauts et ces étiquettes ne nous collent plus à la peau.. et là c'est un pas de plus vers la liberté et l'autonomie affective.

 

Carole Jobard